Depuis l’automne dernier, l’industrie automobile française fait face à un effondrement du marché. Si aucun économiste n’entrevoit une date de sortie de crise, notre industrie
doit repenser sa stratégie afin d’être en phase avec un consommateur soucieux de préserver l’environnement et attentif à son pouvoir d’achat. Mais en attendant le retour de la croissance, de
nombreux sites français ferment tandis que les mouvements de délocalisation s’amplifient : c’est le cas de PTPM Ay, filiale du groupe Trèves.
Après une première restructuration en 2006 qui a coûté l’emploi de 153 personnes, la direction du groupe souhaite fermer le site et licencier ses 130 employés alors qu’elle a touché 55 millions
d’euros de fonds publics.
Le marché automobile français étant stratégique pour notre pays, « quand Renault tousse, la France s’enrhume », le Gouvernement a créé le Fonds de Modernisation des Equipementiers
Automobiles (FMEA) dans le but de préserver les emplois en France. Le groupe Trèves fut le premier équipementier à bénéficier de ce fonds à hauteur de 55 millions d’euros. Or hiatus, cette aide
de l’Etat a été versée sans aucune contrepartie. De fait, le groupe Trèves a tout loisir pour fermer le site PTPM d’Ay et pour poursuivre ses délocalisations en Europe, au Maroc et imaginer
construire 3 nouvelles usines en Inde.
Face à cette situation, les réactions ne manquent pas : 1.000 plaintes ont été déposées pour « utilisation frauduleuse de l’argent public », Jean-François Kahn (tête de liste MoDem
aux européennes) a rendu visite aux salariés et a évoqué ce « scandale » dans l’émission « Mots croisés » sur France 2, sur RMC…
Considérant que l’utilisation des fonds publics sans aucune contrepartie est contraire à nos valeurs, nous prions les parlementaires marnais de mobiliser le nouveau Gouvernement remanié afin que
les salariés de PTPM-Ay ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la maximisation des profits.
Une initiative que je trouve intéressante, celle d'une lettre ouverte à
nos dirigeants du Mouvement Démocrate,a été lancée il y a quelques jours par Christophe
Ginisty,
Cette lettre fait une série de propositions, qui vont dans le sens d'une ouverture du MoDem à d'autres visages que celui de son président, François Bayrou, sans pour autant remettre en cause son
leadership : "Mettre en place un conseil stratégique", "procéder à la nomination d’une dizaine de secrétaires nationaux chargés de projets", "nommer deux porte-parole pour
assurer la présence en media", ...
Un soir, un lendemain, de défaite électorale n’est jamais agréable pour ceux et celles qui ont œuvré pour bâtir et diffuser un projet de société. Nos adversaires ont expliqué que nous n’avions
pas de programme européen. Bien sûr, cela est faux : chaque parti avait son propre programme, plus ou moins détaillé, plus ou moins applicable. Ce genre de polémique politicienne, qui
consiste à dénigrer l’autre sans promouvoir son propre projet de vie, n’a qu’une seule conséquence : éloigner encore et toujours les électeurs du politique. Si à cette analyse, il est ajouté
le fait que le politique ne parvient plus à s’adresser aux « couches populaires » et aux « jeunes », il est logique d’observer un tel taux abstention.
Si le taux d’abstention doit être considéré comme un désaveu pour l’ensemble de classe politique, nous n’occultons pas notre propre « gadin » électoral. Nous nous refusons à ne pas
prendre notre part de responsabilité en expliquant que la diffusion du film « Home » serait la consécration d’un complot politico-médiatique anti-MoDem. Sans doute,
la vérité est que nous vous apparaissons comme des « omni-opposants » et non comme une alternative crédible consacrant les exigences sociales, environnementales, démocratiques au dessus
de la seule loi d’un marché dérégulé. Ce message, nous, les Jeunes Démocrates de la Marne, nous n’avons cessé de le porter durant toute la campagne aux côtés de Jean-François Kahn sur les
marchés, lors des visites d’entreprises, des meetings… Ce n’est donc pas un hasard si nous réalisons le 3e meilleur score dans l’euro-région Grand-Est.
Comptez sur nous pour continuer de proposer, de construire, d’être plus présent sur le terrain. Comptez sur nous pour édifier un programme digne de vos attentes lors des élections régionales et
cantonales de 2010. Comptez sur nous pour de pas vous promettre tout et n’importe quoi mais juste ce qui est possible de réaliser.
Dans les prochaines semaines, nous allons lancer des groupes de réflexions et d’actions en ce sens en vue des futures échéances électorales. Nous invitons tous ceux et toutes celles qui se
reconnaissent dans ce message à nous rejoindre.
Voilà un nouvel exercice pour moi. Celui de vous livrer mes impressions à la sortie de la lecture d'un livre politique. C'est le premier ouvrage de ce genre que je viens de lire et je dois
avouer que mes sentiments sont mitigés. « Abus de pouvoir » de François Bayrou aux éditions Plon est donc l'objet de ce billet.
Durant l'introduction, j'ai eu la mauvaise surprise de lire une liste de constatations plus ou moins objectives et plus ou moins aiguisées mais surtout, une liste sans arguments. Néanmoins, en 13
chapitres, François Bayrou se rattrape bien et parvient à s'opposer à la politique de Nicolas Sarkozy en étayant ses critiques et analyses. Ce livre tient une place à part dans le sens où son
auteur ne se contente pas d'être un opposant automatique. C'est l'une des rares fois où, un personnage politique explique précisément son point de vue négatif concernant la politique menée pas le
Président de la République.
La deuxième impression qui me vient à la suite de la lecture de ce livre est que les propositions faites par le Président du MoDem sont présentes mais ne sont pas dégoulinantes.
Deux raisons principales à cela :
- Premièrement, la principale proposition qui est faite correspond au fil rouge de ce livre qui est de ne pas faire et de ne pas se comporter comme les faits dénoncés.
- Deuxièmement, la partie où François Bayrou nous livre ses idées est certes succincte (9 pages sur 261), mais elle se contente simplement de répondre aux lièvres levés dans le reste du livre.
Néanmoins, un passage m'a laissé un goût amer, celui concernant Alain Minc. Durant une trop longue partie, l'auteur règle ces comptes avec ce dernier. Non pas que cette empoignade soit illégitime
ou inappropriée mais, je pense qu'elle est déplacée dans le contexte qui est construit par cet ouvrage. Certes, ce livre est avant tout celui d'un homme avec tous les sentiments et ressentis qui
sont les siens mais, je pense qu'une place moins importante aurait permis un effet égal voire meilleur.
Enfin, j'aimerais comprendre la raison pour laquelle François Bayrou nous parle de psychanalyse. En effet, régulièrement et par petites brides, l'auteur nous apporte des références qui ont
raisonné positivement durant ma lecture étant donné que je suis sensibilisé à cette approche. Si quelqu'un a une réponse à m'apporter, je suis preneur!
Pour terminer ce billet, je vous livre les passages qui m'ont le plus touché :
« l'Europe, [..]ce n'est pas l'étranger. C'est un autre visage de nous-mêmes. »
« Étatistes socialistes, libéraux, démocrates. Mais tous partageais la même conviction: quand nous serions plus riches, le monde serait plus juste. »
En parlant du capitalisme et de l'humanisme: « L'un est la civilisation du verbe avoir. L'autre est la civilisation du verbe être. »
En parlant de l'affaire Tapie, une belle illustration que la forme peut servir à merveille le fond: « Mais
quelque chose me dit quand même temps que contraint, je le crois, Nicolas Sarkozy ne devait pas être complètement mécontent de faire ainsi la nique au droit et au sens civique. »
C’est pourquoi nous sommes partis et nous sommes établis ici.)
R. Char, Les Matinaux, 1950
Mercredi 20 mai, tandis que l’UMP et le PS alliés, une fois n’est pas coutume !, s’échinaient à dénoncer l’absence de programme du MoDem pour les Européennes,
Jean-François Kahn et François Bayrou accompagnés de Yann Wehrling, ont fait une pause champenoise à Sillery dans la Marne.
La campagne européenne est l’occasion de sillonner la France et de rencontrer les français dans leur quotidien pour ces challengers de la confrontation (cf
l’article de Marianne cette semaine sur JF Kahn qui d’après la rédaction de son journal, n’a pas perdu ses réflexes de journaliste…) et leur retard de près d’une heure ( mais on sait
maintenant que François Bayrou a un rapport particulier au temps http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/05/23/01006-20090523ARTFIG00146--opposition-bayrou-sur-un-petit-nuage-.php)
n’a pas découragé les quatre cents personnes emplissant la salle des fêtes sillerotine.
Une introduction chaleureuse de Jacques Douadi, président du MoDem de la Marne et maire de la commune, a remis en lumière les grandes valeurs portées par le
Mouvement Démocrate tout en exprimant une certaine admiration pour le combat de son leader.
« L’utopie est toujours le chemin qui nous manque »
Puis, J.F. Kahn prend la parole pour exalter habilement l’idéal européen et, à travers lui, le positionnement courageux et avant-gardiste du Mouvement
Démocrate. Il commence par inscrire la démarche démocrate sous le patronage de deux grandes figures célèbres dont il estime qu’elles peuvent conforter le cheminement original qui est le nôtre
aujourd’hui.
En 1849, Victor Hugo, qui vient d’être élu député inaugure le Congrès sur la paix qui se tient à Paris entre le 21 et le 24 août. Il prononce à cette occasion
devant le Parlement français un discours resté célèbre ( http://crdp.ac-lille.fr/sceren/hugo/congres.htm ) dans lequel il définit le
projet européen : cette intuition visionnaire du poète n’a pas manqué d’être raillée à l’époque. Victor Hugo rappelle d’ailleurs dans son discours combien, avant que l’unité de la France ne
soit réalisée, on aurait pu rire de l’idée que la Bretagne et l’Alsace puissent un jour vivre en paix et utiliser les mêmes urnes électorales… « Si quelqu'un eût dit cela à cette époque,
messieurs, tous les hommes positifs, tous les gens sérieux, tous les grands politiques d'alors se fussent écriés : " Oh ! le songeur ! Oh ! le rêve-creux ! Comme cet homme connaît peu l'humanité
! Que voilà une étrange folie et une absurde chimère ! " - Messieurs, le temps a marché, et cette chimère, c'est la réalité. » J.F. Kahn se référant
à cette vision lyrique du poète rappelle que l’intuition de la construction européenne est d’abord apparue comme une utopie aux contemporains de Victor Hugo mais qu’aujourd’hui, sa réalisation
est venue conforter l’intuition et la transformer en réalité : « On oublie que les réalités d’aujourd’hui ne sont que les utopies d’hier. »
Dans ses paroles, le projet européen du Mouvement Démocrate se confond avec le projet démocrate lui-même et la révolution politique qu’il induit dans sa façon de
redessiner les ambitions et les pratiques politiques. Ainsi, il poursuit en comparant l’évolution de Victor Hugo, tardivement converti à la République, et celle de François Bayrou,
aujourd’hui dégagé de son alliance avec la droite : le choix d’Hugo était nécessaire face à Napoléon III, comme l’est celui de F. Bayrou face aux dérives du régime présidentiel
monarchiste de N. Sarkozy. Ce choix a conduit Hugo à l’exil en Belgique, puis sur les îles de Jersey et Guernesey…
Evoquant une deuxième figure de courage politique, J. F. Kahn a rendu hommage au De Gaulle appelant à la résistance en 1940 et a conclu par un clin d’œil cette
évocation dans laquelle on reconnaissait encore en filigrane l’actuel président du MoDem : « Il y a une façon d’être seul que j’aime beaucoup car on est très
nombreux. »
L’évolution du MoDem suscite chez J.F. Kahn un lyrisme émouvant et son admiration pour F. Bayrou est manifeste : les deux hommes partagent une certaine hauteur
de vision et la conviction que l’utopie est un chemin politique prometteur. J. F. Kahn a ainsi rappelé la désormais célèbre phrase de Bayrou : « Si on me demande où se situe le
Modem, je réponds qu’il se situe en avant. » Dans cette optique, le courage politique passe par l’épreuve de la solitude et l’inévitable exposition aux accusations de naïveté,
d’irréalisme et aux railleries des notables installés dans leurs certitudes.
Au moment où J.F. Kahn enthousiasmait la salle des éclats de son verbe inspiré, je relisais ces mots de René Char : « Cette fumée qui nous portait
était sœur du bâton qui dérange la pierre et du nuage qui ouvre le ciel. Elle n’avait pas mépris de nous, nous prenait tels que nous étions, minces ruisseaux nourris de désarroi et d’espérance,
avec un verrou aux mâchoires et une montagne dans le regard. » …
L’Europe comme remède à la résignation
F. Bayrou s’exprime alors à son tour. Il commence par vanter à juste titre la qualité des équipes constituant les listes démocrates aux européennes et
notamment celle de la tête de liste de la région Grand-Est, J.F. Kahn, « le créateur de journaux indépendants », animé par le sens du peuple. Il a aussi présenté Yann Wehrling
qui n’a malheureusement pas pu s’exprimer durant cette réunion mais dont on peut consulter les déclarations récentes et l’actualité sur son blog politique. (http://yannwehrling.blogspot.com/).
Les paroles de F. Bayrou ont été fortes et propres à susciter la mobilisation de l’auditoire : nous appelant à lutter contre la résignation, il a posé la
question qui doit nous habiter au cœur de cette campagne et dans l’esprit de résistance au tournant historique que prend la société française depuis 30 ans: « Sommes-nous là pour subir
une réalité devant laquelle nous sommes impuissants ou pour bâtir un monde qui n’existe pas encore ? » Face au rouleau compresseur laminant les valeurs de la République et imposant
la loi du plus gros, du plus fort, de l’argent, la seule question à se poser est celle du modèle de société que nous voulons défendre et dont la serrure ne pourra être débloquée que par deux clés
indissolublement liées : une clé nationale pour régler les problèmes de la Justice, de l’Education Nationale, de l’Hôpital, de l’agriculture et une clé européenne placée en étroite cohérence
avec la première qui doit permettre d’apporter des solutions aux questions planétaires telles que celles de la monnaie, de l’air, de l’eau, de la pauvreté, des migrations…
A ce propos, il a évoqué la situation extrêmement préoccupante dans laquelle est placée le continent africain où les paysans ne peuvent pas, du fruit de leur terre,
assurer la subsistance de leurs propres familles. F. Bayrou a rappelé qu’au sortir de la guerre, l’humanité tout entière s’était mobilisée pour sortir l’Europe de la misère et lui permettre de
regagner l’autosuffisance alimentaire et industrielle et qu’elle était aujourd’hui appelée à une mobilisation semblable, que l’Europe pouvait seule impulser grâce aux idéaux humanistes sur
lesquels elle s’est construite. « Il ne s’agit pas seulement d’idéaux, mais d’intérêts. La voix européenne est nécessaire pour ne pas être laissés de côté. Si nous n’existons pas
comme voix européenne que l’on peut écrire avec un « x » ou avec un « e », les décisions seront prises ailleurs, sans nous, non pas dans un G20 ou dans un G8 mais dans un G2
par les Etats-Unis et la Chine, plus quelques importantes mafias. Si nous voulons que notre vision humaniste soit défendue, il faut que l’Europe existe. ! » Et d’évoquer la
nécessité du développement pour réguler les afflux migratoires de ceux qui ne manqueront pas de venir chercher ici ce qui leur manque là-bas…
Puis il a conclu en justifiant le choix du slogan de la campagne européenne du MoDem : NOUS L’EUROPE. L’Europe n’est pas l’affaire des autres, des diplomates,
des experts, des technocrates, l’Europe est notre affaire. Si c’est crucial, c’est l’affaire des citoyens, celle du peuple, seul garant des abus de pouvoir, seul vecteur de démocratie.
Alors, amis démocrates, même si nous avons un peu souffert mercredi soir de n’avoir pas pu poser nos questions pertinentes aux personnalités présentes,
assurons notre pas et affermissons nos argumentaires ( http://www.blog-kpm.fr/) contre nos détracteurs qui sont d’autant plus virulents qu’ils savent
bien que le MoDem mène de loin la meilleure (la seule ?) campagne européenne française. Dans le prolongement cohérent de l’intuition qui a présidé à la fondation de notre Mouvement et à
l’engagement politique de bon nombre d’entre nous, transformons l’essai pour que l’utopie présente qui nous fédère devienne réalité, le 7 juin prochain.
1 Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, L’Intraitable Beauté du monde, Galaade Editions, janvier 2008
2 Victor Hugo, Discours d'ouverture du Congrès de la Paix - 21 août 1849
Nicolas Sarkozy peut être jaloux. Depuis trois semaines, Bayrou a fait une apparition remarquée au rang de cible préférée des socialistes en campagne. Le PS a un objectif : dégonfler
l’«imposture Bayrou» (dixit Harlem Désir) et mitraille en boucle cet argumentaire : si le leader centriste s’affiche en opposant résolu en France, le Modem penche nettement plus à
droite sur les bancs du Parlement européen, notamment sur la question des services publics. Martin Schulz, président des socialistes européens invité à jouer les supplétifs lors de la campagne
du PS, a trouvé une jolie formule pour ouvrir la chasse au Bayrou : «A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais, à Bruxelles, il est avec des sauvages néolibéraux»,
clamait-il à Toulouse le 24 avril.Sur France Inter, quelques jours plus tard, Martine Aubry insistait :«Sa voix [de Bayrou, ndlr] a rarement manqué lorsqu’il a fallu casser et
libérer les services publics. Aujourd’hui même, il a signé le manifeste de Stockholm qui est le programme des libéraux dont il fait partie pour les prochaines élections européennes. Leur
première demande, c’est de rentrer la concurrence dans le service public, casser l’éducation nationale, casser l’hôpital public. Voilà ce que défend, avec ses amis, M. Bayrou, en
Europe.»
Voisinage.Preuve d’une réelle inquiétude, le PS est prêt, pour dégonfler la «tentation Bayrou» de l’électorat de gauche, à certains raccourcis, voire contre-vérités.
Contrairement à ce que répète Martine Aubry (la dernière fois en date lors du meeting de Clermont-Ferrand), le Modem n’appartient pas au parti libéral européen (ELDR). Au parlement européen, le
Modem se situe dans le groupe parlementaire ADLE (Alliance des démocrates libéraux européens), créé voilà cinq ans. Ce groupe rassemble le Parti démocrate européen (petit parti cofondé par
le Modem et les démocrates italiens) et donc l’ELDR d’orientation libérale, voire ultralibérale. Un voisinage assumé par le Modem : «Nous sommes en accord avec les libéraux sur les
questions institutionnelles, mais pas sur les questions économiques et sociales. C’est clair depuis le début», revendique Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem. De fait, si le
manifeste de l’ELDR (que le Modem n’a pas du tout signé, n’appartenant pas au parti) milite pour un «renforcement et une extension du marché uniquedans le domaine de l’énergie,
des chemins de fer et des soins de santé, tout en facilitant davantage la libre circulation des services et des travailleurs», le programme du Parti démocrate européen affiche un discours
beaucoup plus soft…
Mais au diable les nuances, le PS veut surtout cogner dur. Pour accréditer la thèse d’un Modem casseur des services publics, le secrétaire national aux services publics du PS, Razzy Hammadi, a
dégainé lundi un communiqué recensant trois exemples de «vote scélérat». Des références parfois empruntes de mauvaise foi.
Caricature. Le PS reproche ainsi au Modem de s’être opposé au vote d’un amendement socialiste excluant du champ de la directive Bolkestein les services d’intérêt général et les
SSIG (services sociaux d’intérêt général). Une charge qui omet de signaler que le Modem avait préféré voter son propre amendement… au contenu identique. Gilles Savary, eurodéputé socialiste
sortant (mais pas reconduit sur les listes) et spécialiste des services publics, reconnaît que la critique relève de la caricature : «Le Modem n’a pas toujours défendu les positions du PS
sur les services publics, mais il n’a pas pour autant voté avec les libéraux. Le Modem a beaucoup évolué sur ces questions en dix ans. Depuis la dernière mandature, ils ont régulièrement
aligné leur position sur celle du PSE, qui sont souvent moins radicales que celles des socialistes français. Pour être conséquentes, les critiques portées par Aubry sur le Modem devraient aussi
l’être contre une partie du PSE.» Lors du vote de la directive Bolkestein, le Modem avait ainsi voté nombre d’amendements contre l’ELDR, et aux côtés des socialistes. Et, pour le vote
final, les eurodéputés du parti centriste avaient finalement voté pour l’adoption du texte. Contre le PS français. Mais avec le reste du PSE.
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